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Souffrir le monde, s’ouvrir au monde

par Publié le 0
Quand je sors de chez moi pour aller dans le monde, je suis en colère.
Cela m’arrive parfois, aussi, quand le monde s’invite chez moi, littéralement ou à travers le téléphone qui sonne, un mail qui débarque, une notification ou des infos qui me sautent dessus.
Quoique j’ai supprimé ces dernières.Le monde m’agresse.
Non.
Le monde des humain·es m’agresse.

Il y a un rêve que je fais souvent. Cauchemar devrais-je écrire.
Je suis chez moi et des gens entrent, encore et encore. Je n’arrive pas à les faire taire, à les faire partir, ils envahissent tout, prennent possession de toutes les pièces. Plus aucune ne ferme, les portes disparaissent, les serrures ne fonctionnent plus, les fenêtres s’ouvrent. Impossible de m’isoler, je suis à leur merci.
Mon pire cauchemar, la fin de la solitude.

Autant te dire que je n’aime pas être envahie…

Quand je sors de mon cocon, je suis en colère.
En colère contre tout ce qui m’agressera.
En colère contre moi-même de perdre tout sens commun.

Je voudrais ne rien entendre, ne rien voir, ne rien ressentir.
Je voudrais qu’il n’y ait personne sur mon chemin. Ni voiture, ni vélo, ni détritus, ni gens qui font la gueule, ni gens tout court (en tout cas, pas trop).
Je voudrais qu’il n’y ait pas de mec bourré qui te fait chier, de meufs sans gêne qui te passe devant chez le boulanger, de 4X4 qui monte sur les trottoirs, de connards qui brûlent les feux rouges.
Je voudrais qu’il n’y pas de chasseurs dans les forêts qui t’empêchent d’aller t’y promener, pas de décharges dans les prés ni de gens postés derrière leurs rideaux qui observent tous tes mouvements quand tu fais un tour dans le village.

Tu vois, je t’avais dit, je suis en colère quand je sors.

Je suis aussi en colère quand je pense au monde, mais c’est une autre (longue) histoire.

Quand je sors, je suis en colère car je souffre.
Et pourtant, je continue à sortir.
Je continue à marcher, arpenter, à m’ouvrir au monde autant que faire se peut.
Il ne se peut guère, mais je continue.

Si j’écoutais ma part la plus misanthrope, je me ferais ermite.
Dans une bibliothèque.
Au milieu de la forêt (sans chasseurs).
Ou juste chez moi, c’est bien chez moi 🙂

D’ailleurs, j’ai écouté cette part car, désormais, je vis dans ma maison au bord de la forêt. J’ai mis le temps, mais j’y suis arrivée.

Si j’écoutais ma part la plus philanthrope, je me ferais ermite la plupart du temps.
Et, de temps en temps, pour quelques heures, mais pas trop longtemps quand même.
Je viendrais. Te voir. Te parler, t’écouter, rire avec toi. Marcher, raconter des conneries ou des choses hyper profondes (en général, c’est pareil).
Et, à un moment, je te dirais « je m’en vais ».

Pas par goût du mystère. Pas par mépris.
Pas par snobisme. Pas par ennui.

Juste parce que c’est ainsi que je suis.

Parce que je ne veux plus souffrir le monde. Mais que je veux bien m’ouvrir à lui, s’il promet d’être mignon.

Morgane


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Mon roman, Or le monde
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