Si tu t'abonnes, tu reçois

juste une newsletter de sorcière un peu illuminée,

des infos sur mes ateliers & autres grimoires

et surtout plein de love

En cliquant sur valider, j'accepte de recevoir sur cet email les actualités et offres personnalisées du site canardalorange.com. Je dispose d'un droit d'accès, rectification et suppression de mes données et peut me désinscrire à tout moment via les liens de désinscription en bas de l'email.
J'ai lu et j'accepte la politique de confidentialité du site.

J’ai tellement peur, si tu savais

Peur sur l'universJ’ai peur.

Je n’ai jamais aimé petit-déjeuner. J’ai trop la trouille, moi, le matin. Chaque jour, à 6h, à 7h, tout dépend du soleil, je me réveille avec cette douleur dans le ventre. Chaque matin, j’ai le cœur qui bat un peu trop vite, les pensées qui m’envahissent.

J’ai appris à respirer, à ne pas me laisser embarquer.

Il fut un temps où cette peur me poursuivait toute la journée. Peur d’aller bosser, peur de mal faire, peur de parler aux autres, peur de pleurer comme ça pour rien. Peur, surtout, de ne pas y arriver. Peur d’être démasquée. Peur de manquer d’argent. Peur de ne pas être aimée…

Et puis, il y a eu ce fameux jour d’octobre 2010. Ce matin, dans le car, où la peur a été remplacée par l’excitation. J’allais changer de vie. Je l’ai fait.

La peur a changé, un peu, beaucoup. Oui, elle est toujours là, évidemment, qu’est-ce que tu crois

À chaque client, chaque rendez-vous, chaque prestation, chaque atelier, chaque mot qui sort, de ma bouche ou de mon clavier, j’ai tellement peur, si tu savais. Peur de ne pas y arriver, cette fois, même si toutes les fois d’avant, j’y suis arrivée. Peur de mal faire, de me planter, d’être démasquée. Peur de ne pas être aimée, d’être rejetée. Peur d’être inutile. Peur d’être jugée, mais surtout, peur de l’indifférence.

Peur de mal faire, peur de trop bien faire. Peur de me la péter, peur de me sous-estimer. Peur de ressembler à machin, peur que bidule me copie un peu trop.

Chaque matin, j’ai peur, je voudrais rester sous ma couette et sentir les heures passer, le monde tourner, sans moi, loin de moi. Mais je me lève et déjà, tiens donc, j’ai moins peur.

Chaque matin, je regarde mes enfants et j’ai encore moins peur. Enfin, j’ai à la fois plus peur et moins peur. Ben ouais, je sais, c’est bizarre. Mais qui a dit que j’étais normale ? Ça se saurait d’abord… J’ai tellement peur pour eux, tu peux pas imaginer. Si, tu peux certainement imaginer. Avoir des enfants, c’est voir l’impuissance la plus totale s’inviter dans ta vie. Rien, rien, rien tu ne maîtriseras. Ni leur vie, ni leurs douleurs, ni leurs propres peurs. Leur apprendre à vivre tu essayeras. Les accompagner tant que tu pourras. Être là, oui juste être là, tout le temps, n’importe quand, pour tout pour rien. Être là, être celle ou celui sur qui ils savent pouvoir compter. Si simple et si compliqué.

J’ai eu peur de mon passé. C’est terminé, il ne reviendra plus m’emmerder.

J’ai eu très peur pour mon avenir. C’est terminé, tout ira bien, je le sais. Et à la fin, bon ben, tu connais le refrain, c’est la même chose pour tout le monde. Même si t’as eu le pouvoir, même si t’as eu le fric. Même si t’as eu l’impression d’être invincible et immortel.le.

Et j’ai peur encore, pourtant. Pas tout le temps, bien heureusement !

Chaque matin, j’ai les tripes qui me font leur cinéma, jalouses de mon cerveau qui prend si souvent le pouvoir. Elles sont plus fortes que lui, elles le savent bien.

Quand j’ai vraiment très peur, j’écris ma peur, elle est soudain moins vaillante, la bougresse.

Quand je flippe ma race, j’en parle à mes copines, je rigole avec mes potes, je me sermonne comme si j’étais ma propre cliente.

Tu sautes avec moi ?

Tu sais, la vie d’entrepreneur.e, c’est comme si tu sautais à l’élastique tous les jours. Au début, tu veux pas y aller, mais les autres ont l’air de prendre leur pied, alors tu fonces. T’en redemandes, t’as de moins en moins peur.

Et bim, quand tu commences à t’habituer, la couleur de l’élastique change et tu te demandes s’il est aussi solide que celui d’avant. Tu doutes, encore, encore et encore.

À chaque fois, t’as envie de pleurer tellement t’as la trouille, mais t’as juste à jeter un coup d’œil à tous ceux qui te regardent sauter avec envie, sans jamais oser y aller, pour retrouver le sourire.

Tu sais, oui, tu sais que ce que tu vis, ils ne le connaîtront jamais, tant qu’ils resteront spectateurs de tes shoots d’adrénaline.

Peuvent-ils imaginer que le meilleur, ce n’est pas le saut, c’est de savoir que la peur ne t’empêche pas de sauter ?

Peuvent-ils imaginer comme leurs excuses pour ne pas y aller te semblent bien vaines. Tout ce bullshit qui ne sert qu’à une chose : nourrir cette saloperie de peur. Ce cercle infernal où alimenter la trouille de vivre semble devenir un mode de vie. Un mode de survie.

Tu as juste envie de leur dire : allez, viens sauter avec moi…

Alors oui, la vie d’entrepreneur.e, c’est la grande peur permanente, parce que rien n’est sûr, parce que tu dois aller tout chercher toi-même, juste avec qui tu es. Mais c’est ça la LIBERTÉ, bordel !

C’est la chance que tu fabriques à chaque seconde, sans rien devoir à personne. Ce sont ces doutes que tu dépasses et qui te font avancer à la vitesse de la lumière. C’est l’imprévu qui devient un mode de création de l’exceptionnel. C’est vraiment la vie puissance dix mille. Perso, je l’échangerais contre rien au monde. Même au plus fort de ma peur.

douter...

N’aies pas peur, Maman est là…

Parfois, la trouille, elle te tombe dessus sans crier « gare ! ». Parfois, tu la sens t’envahir insidieusement.

Tu en as marre, non ? Qu’on te dise : « n’aies pas peur », car merde, tu AS PEUR ! Ok, alors je te dis « tu as le droit d’avoir peur, tout le monde a peur », mais tu as aussi le devoir de la regarder droit dans les yeux et de lui dire : « à nous deux, ma cocotte, t’es bien mignonne, j’ai bien compris que t’avais besoin d’attention, mais là tu vois, je suis occupée à passer à l’action. Bisous et sans rancune. »

Ouais parce que la trouille, le truc qu’elle déteste le plus au monde, c’est quand tu n’en fais qu’à ta tête et pas qu’à la sienne. Quand elle voit que tu es décidé.e à y aller quand même, elle s’efface, bonne perdante. On l’appelle alors trac.

D’autres fois, elle insiste et ça vaut le coup de savoir pourquoi. Trouille M ou trouille I ? Mental ou Intuition ? La première, on la met de côté, même si c’est dur, même si on croit qu’on pourrait en mourir. La seconde, on l’écoute.

La première, elle fait beaucoup de bruit, elle hurle, se roule par terre, trouve toujours de bonnes #bullshit raisons. La seconde est un murmure mais elle est tenace.

Comment on fait, si on ne se sait pas d’où vient sa trouille ? Je ne sais pas. Si je savais, je n’aurais pas si peur. Je ne me laisserais pas envahir par le syndrome de l’imposteur, tu sais ce machin hyper relou, chelou, bizarre et chiant qui vient t’emmerder et te dire que tu n’es qu’une pauvre petite chose toute nulle, pile quand tu rentres dans ta zone de génie.

On fait comment, bon sang ?! Pour savoir si la peur va nous éviter de mourir, de gâcher notre vie ou celle d’un autre ? Ou bien si, au contraire, elle va nous emprisonner, nous engluer dans une situation bien pourrie ?

On fait comment, nom d’un canard ? Pour ne pas se laisser contaminer par les peurs de autres ? Pour garder les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, parce que nous, on veut tout ? Pour ne pas finir par avoir peur… d’avoir peur ?

Je n’ai pas de solution toute faite, de méthode trop géniale qui marche en 30 secondes

Y a un truc de ouf’ avec la trouille, c’est qu’elle est aussi multiple et complexe que chacun d’entre nous. C’est une bitch ! Un vrai salopard ! (pas de raison que seul le féminin trinque, bordel)(ce blog est de plus en plus grossier, j’ai limite honte)(en vrai, même pas peur, hi hi).

Je crois que chacun cherche (son chat) ce qui lui conviendra. On teste, encore et encore. On avance, malgré tout.

Pour moi, ce qui marche, c’est l’humour, beaucoup, beaucoup, beaucoup d’humour et d’auto-dérision surtout. Développer mes capacités à improviser, mix ultime entre une préparation au cordeau et une capacité à s’adapter aux imprévus. Y aller, même si j’ai super peur, SAUF si je ne le sens pas. Me planter parfois, mélanger mauvais pressentiment et « croyance limitante » comme disent les coachs ;-). Soupirer. Rire de moi (again). Créer, écrire, dessiner, buller, suivre mon enthousiasme, reculer s’il le faut, manger du chocolat, parce qu’il y a que ça de vrai.

C’est prendre du recul, me dire : ok, si tu fais/dis ça, au pire il se passe quoi ? Et au mieux ? Et dans 1 mois, dans 5 ans, ça aura changé quoi ? Et si tu meurs demain, tu préféreras quoi, avoir tenté ou pas ? Peu importe la réponse, l’essentiel c’est d’être honnête avec soi-même. Avec ses priorités, se valeurs, ses besoins.

Et puis, il y a les autres, qui partagent leurs doutes, qui te demandent de l’aide, qui t’aident à leur tour. Et ça, comme dirait la pub, ça n’a pas de prix.

La peur nous relie, la peur nous éloigne. Elle s’insinue partout, mais il ne tient qu’à nous de la tenir à distance, à défaut de la terrasser.

En fait, la peur n’est rien. Ce qui compte, c’est ce que nous faisons de nos peurs, ce que nous les laissons nous faire. L’influence que nous leur permettons d’avoir sur notre vie.

Alors, je me dis que de toute façon, ça me permet d’apprendre quelque chose et que l’important, c’est de vivre.

La survie, très peu pour moi. Vie, nous voilà. Peur ou pas.

Partager cet article

9 commentaires
  • Julie lit au lit
    18 juillet 2016

    J’ADORE! C’est tellement vrai! Je suis tellement heureuse que tu affrontes ta peur et que tu partages avec nous!

    • Morgane
      18 juillet 2016

      Merci Julie, même si c’est pas facile à « avouer » ça aide. Un peu 🙂

  • Martine Roux
    20 juillet 2016

    Mais, chère Morgane, nous sommes tous et toutes pareilles, semblables. Ca rassure ou pas? :-)…Je suis une vieille dame de presque 67 ans et je peux vous assurer que cette peur, ces peurs accompagnent nos vies au quotidien. Peur d’être malade, d’être différente, peur de l’accident et de la maladie. Quant à la mort, plus j’avance en âge, plus elle m’accompagne en sourdine. Peur pour chacun de mes 3 enfants et maintenant petits-enfants. peur des nouvelles que je lirai sur mon écran…Bref, ma vie, comme la vôtre, est jalonnée de peurs qu’on évite en louvoyant ou qu’on affronte de face. Mais elle est aussi faite de tant de jolis petits moments, d’images, d’émotions que je mets dans mon « sac à bonheurs » que parfois, même souvent, la balance penche du bon côté. Et plus je vieillis, plus je m’attache à ces petits cailloux brillants. J’en arrive même à oublier mes peurs! C’est dire! Courage, petite Morgane, la vie est belle si on la regarde du côté du soleil.

    • Morgane
      20 juillet 2016

      Merci Martine 🙂

  • Laure
    20 juillet 2016

    On se sent moins seule, merci Morgane !! J’adore cet article !

    Et passe de belles vacances respirantes et resplendissantes de mots, couleurs, odeurs, joie (et en fait tout ce dont tu as envie :-p)

    • Morgane
      20 juillet 2016

      Ah ah ! C’est prévu, merci Laure ^^

  • Morgane
    22 juillet 2016

    Mais trop ! 🙂

  • Kasylover
    19 mars 2017

    Wouah : le plus dingue, c’est d’y aller quand mm, je me trouve ici frchement pr ne pas dr c’ trop cool, wouah » »’@merci » »

    • Morgane
      10 avril 2017

      pleasure 😉

Qu'en pensez-vous ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

« Les potions magiques, ça n’existe pas.
Mais la magie de l’écriture, si ! »

En cliquant sur valider, j'accepte de recevoir sur cet email les actualités et offres personnalisées du site canardalorange.com. Je dispose d'un droit d'accès, rectification et suppression de mes données et peut me désinscrire à tout moment via les liens de désinscription en bas de l'email.
J'ai lu et j'accepte la politique de confidentialité du site.